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 Hommage de Claude Alphandéry à Raymond Aubrac

J'avais dit que j'écrirai réguliérement sur ce blog, je n'ai pas le temps, je manque d'inspiration...alors je fais circuler les textes d'autres comme ceux de Laura qui voyage avec les indignati à Athénes, ou celle de  de Claude Alphandéry en Hommage à Raymond Aubrac

à la prochaine

Je ne l’ai rencontré qu’à la Libération alors qu’il était Commissaire de la République à Marseille pour la région de Provence Côte-d’Azur et que j’étais un très jeune et plus modeste Président du Comité de libération de la Drôme.

Sur ces deux territoires, à des niveaux différents se posaient de sérieux problèmes dans des usines abandonnées par leurs dirigeants emprisonnés ou en fuite pour faits de collaboration.

Faute de directive, un vide risquait de se créer paralysant l’activité et l’emploi de milliers de salariés et à Marseille particulièrement le trafic portuaire. Raymond avait réagi rapidement en transférant l’autorité à des conseils de gestion réunissant cadres, employés, ouvriers désignés par leurs pairs. Cette expérience d’auto gestion fondée sur la capacité des femmes et des hommes à se prendre en charge, à élever leur capacité professionnelle, à trouver des formes démocratiques de gouvernance, si on leur fait confiance et si on leur en donne les moyens, me paraissait enthousiasmante ; je souhaitais l’adapter à certaines entreprises de la Drôme et suis allé à Marseille pour en savoir plus. Ce fut l’occasion d’une longue rencontre avec Raymond où nous essayions de projeter dans l’avenir ce qu’étaient les espoirs et les valeurs de la Résistance.

Nombreux ont été depuis deux tiers de siècle les entretiens où nous avions évoqué cet héritage et tout dernièrement, l’abandon de leurs usines par leurs dirigeants pour des raisons certes différentes de celles de la libération mais tout aussi pernicieuses pour leurs salariés et l’émergence de nombreuses sociétés coopératives ouvrières (SCOP) nous paraissaient devoir être soutenues au nom même des valeurs de la Résistance, c’est-à-dire de la foi en la capacité des salariés de se prendre en charge, de coopérer et de se gouverner démocratiquement.

Nous nous sommes réunis, une dernière fois pour Raymond, avec Stéphane Hessel et Michel Dinet pour le faire dans un article du Monde du 31 Mars.

Ce fut enfin l’occasion d’un ultime coup de téléphone il y a quelques jours où Raymond me disait avec force son inquiétude devant les coups de canif au programme du CNR et sa volonté de le préserver.

Claude Alphandéry

 le vent l'emportera

Je l'ai connu au  théâtre du Fil, compagnie école dont je suis administrateur, lieu de création, laboratoire d'initiatives contre la morosité, fabrique de l'impossible la compagnie est installé à Savigny sur Orge et à Grigny dans l'essonne, Laura a passé du temps avec nous, puis elle est partie sur la route direction Athènes avec des indignés, elle partage son itinéraire sur son blog , bonne route Laura....

Le vent l'emportera

 
 

"Le palais des autres jours d'hier et demain, le vent l'emportera
tout disparaitra
pendant que la marée monte et que chacun refait ses comptes
j'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi." Noir Désir

La nostalgie qui me gagne et le manque de mon chez moi. Je ne sais plus bien ce que ça signifie. quand je dis "chez moi". Je ne pense pas à mon appartement à Paris. Ce n'est plus ça, chez moi.  A croire que j'ai besoin d'en changer souvent... Chez moi... je ne sais plus bien ce que je fais ici des fois, ce que je vais faire en rentrant, souvent. L'étendue des possibilités est bien grande.

 Le MES Mouvement pour une économie Solidaire

n'est pas Le MES, mécanisme européen de stabilité

Bonjour,

Je vous  propose une lettre a envoyer à votre député ou sénateur :
je constate que le sigle du MES,
Mouvement pour une économie Solidaire http://le-mes.org/

a été récemment phagocyté par une instance européenne nauséabonde :

Le MES, mécanisme européen de stabilité...
Encore un borborygme de technocrates européens incompréhensible. Et pourtant... Il nous engage dans la ratification du prochain traité européen qui graverait dans le marbre les politiques de rigueur et d'abandon de souveraineté populaire. le sigle du
Mouvement pour une économie Solidaire n'est pas inconnu des parlementaires. le mécanisme européen de stabilité ne doit pas être baptisé d'un sigle qui est cher à des millions de citoyens français qui ont entendu parler du MES ( Mouvement pour une économie Solidaire) lors des états généraux de l'Economie Sociale et Solidaire qui se sont tenus en juin 2011 au palais Brongniard à Paris http://www.livestream.com/telebrongniart, nous adhérent du MES, exigeons que le mécanisme européen de stabilité soit appelé ESM European Stability Mechanism...Car, comme des millions de personnes dans toute l'Europe, nous nous inquiètons des dérives autoritaires, des politiques d'austérité et de la casse systématique des services publics qui sont mis en oeuvre, sous prétexte d'une dette dont la légitimité n'est d'ailleurs toujours pas questionnée.

Nous voyons bien la réalité des conséquences de ces politiques en Grèce, où un véritable pillage du pays a lieu. Je ne développerai pas cette situation tragique que vous connaissez.

Je vous écris concernant le traité européen instituant le mécanisme européen de stabilité sur lequel l'assemblée nationale s'est prononcée le 21 Février. Vous savez que ce mécanisme donnera des pouvoirs complètement anti-démocratiques à la Commission Européenne. Vous savez que les États européens seront soumis à une discipline budgétaire qui obligera à tout vendre, service public après service public. A travers ce véritable pillage organisé, c'est toute la cohésion sociale et la  qualité de vie dans notre pays, déjà bien entamée, qui seront mis à mal. Je m'étonne du silence qui entoure ce traité crucial et m'indigne de l’absence de consultation populaire à ce sujet.

Au sein de ce mécanisme, les décisions seront prises par le Conseil des gouverneurs composé exclusivement des ministres des finances de la zone euro. Aucun véto, ni aucune autorité des parlements nationaux ne sont prévus sur ces ministres lorsqu’ils agissent au titre de gouverneurs.

De plus, ils jouiront en cette qualité d’une immunité totale leur permettant d’échapper à toute poursuite judiciaire. Pourtant, ils disposeront alors librement des caisses de l’État qui devra accéder de façon « irrévocable et inconditionnelle » à leurs demandes. Il est aussi intéressant de noter que le budget de départ du MES pouvant être réclamé aux États-membres dans un délai de sept jours seulement n’est pas plafonné et peut donc augmenter de façon illimitée sur décision du Conseil des gouverneurs.

Aucun membre ou employé de cette structure ne sera élu par la population ni responsable devant elle. Plus fort encore, le MES peut attaquer en justice mais pas être poursuivi, pas même par les gouvernements, les administrations ou les tribunaux. Le manque de transparence concerne aussi les documents « inviolables » , qui ne seront rendus publics que si le Conseil des gouverneurs le souhaite.

Négation des compétences fiscales et budgétaires des parlements nationaux, déni des principes de base de la démocratie, impossibilité d’opposer un veto, immunité judiciaire totale, opacité des documents… Autant de procédés antidémocratiques qui m'amènent aujourd’hui à vous demander d’adopter une position claire quant à ce traité. Allez-vous l’accepter ou le rejeter ?

Cette société devient étouffante d'injustice. Je vous le demande , Madame, Monsieur, au nom de la gauche dans ce pays, au nom de la souveraineté populaire, au nom de la justice sociale, au nom de la république et de la démocratie, vous devez rejeter ce texte.

En 2008, beaucoup de députés socialistes se sont abstenus et c'est l'abstention qui a permis une majorité pour valider le traité de Lisbonne. Peut-être avez-vous fait parti des 115 parlementaires socialistes qui ont eu le courage de voter contre ce traité, mais je vous demande de bien réfléchir à la portée sans précédent du vote du 21 Février. Il va sans dire que je prendrais en compte votre réaction sur cette question cruciale la prochaine fois que je serai appelé(e) aux urnes.

Un monde est en train de basculer et l'issue en est bien incertaine. Je suis inquiet pour notre avenir et c'est peut-être bien la fin de nos démocraties en Europe qui est en train de se jouer.

Mesdames et Messieurs les députés et sénateurs, je vous souhaite un bon vote.

Solidairement

 

Rien écrit....

Voilà c'est toujours pareil, on prend de bonnes résolutions, le lendemain du réveillon et on se retrouve plus d'un mois après, sans avoir écrit deux mots. Ce n'était pourtant pas très difficile, j'avais cru que le fait d'annoncer à tous mes amis et connaissances cette bonne résolution serait un garde fou, pour m'obliger, mais rien ...Pourtant les occasions n'ont pas manqué, je suis parti à la montagne, j'avais du temps, mais rien. J'ai eu des conversations formidables avec des amis remarquables; pleines de polémiques fructueuses, dont je voulais vous faire part, mais je n'ai pas pris le temps,...J'ai reçu des vœux d'amis brillants (les vœux et les amis) j'aurais pu vous faire partager ces textes qui compteront pour la postérité, mais je les ai égoïstement gardé dans les replis de mon disque dur. J'ai lu des livres essentiels, vu des films remarquables, admirés des paysages dignes des dieux et pourtant je n'ai pas écrit deux mots, en fait j'avais la flemme...

 

Dans deux mois...

Ou peut être un peu plus, on saura, pour l'instant on en parle dans les dîners en ville, avec un air un peu détaché, comme si on pensait encore, que quelque chose pouvait changé suite à ce scrutin majeur, pourtant on fait comme si. On tente de penser que nous avons de la chance de vivre dans un pays ou tous les 5 ou 7 ans, on va nous demander notre avis, qu'un changement est possible, que ce bulletin glissé dans une urne a le pouvoir de bousculer nos vies, nous nous demandons qui nous allons autoriser à nous tromper ? Il y a peu de temps, nous pensions que le choix final se ferait entre celui qui nous méprise depuis 5 ans et DSK et puis il est arrivé ce qui est arrivé, les turpitudes personnelles se sont invitées dans le débat et nous débattons pour ou contre la prostitution et ce débat me donne envie de vomir, je ne trouve pas les mots, j'ai rencontré ce texte d'une dénommée « Dublinbitch » qui autorise la diffusion de son texte, vous pouvez trouver le texte original sur www.sisyphe.org il a été traduit par Martin Dufresne, je vous le livre, bonne lecture.

Lettre de Dublinbitch

J’aimerais vous dire un grand merci. Merci d’avoir fait partie de ma vie, merci de m’avoir aidée à devenir la personne que je suis aujourd’hui. Merci de m’avoir amenée à devenir la bitch la plus forte qui ait jamais vécu. C’est seulement à cause de mes expériences avec vous que je suis la personne invincible que je suis aujourd’hui. Merci pour cette matrice d’expériences qui ont toutes contribué à me façonner en faisant de moi un être de compassion, une personne empathique, généreuse et compréhensive.

Merci de m’avoir montré ce qu’est l’exploitation de sorte que je la connais, je l’ai ressentie et je peux maintenant la reconnaître rapidement. Merci de m’avoir montré ce à quoi ressemble le sexe en tant qu’escorte, de sorte que je peux apprécier bien plus encore le sexe normal.

Merci de m’avoir montré ce à quoi ressemble le sexe en tant qu’objet à orifices, je suis maintenant tellement reconnaissante d’avoir des rapports sexuels avec quelqu’un qui souhaite avoir des relations sexuelles avec moi, avec ma personne toute entière, et pas seulement mon vagin ou ma bouche. Merci de m’avoir montré ce qu’est le skullfucking et ce qu’est le facefucking, afin que je puisse ne jamais, au grand jamais, poser ces actes à nouveau. Merci de m’avoir montré la différence entre la coercition et l’envie de plaire volontairement à quelqu’un parce qu’on l’aime et pas parce que l’on est payée pour le faire. Merci de m’avoir montré ce qu’est la véritable vulnérabilité, vous m’avez appris l’empathie.

Merci à tous ces hommes qui m’ont dit : « Vous ne ressemblez pas au genre de fille qui fait normalement ça » ; merci d’avoir ainsi mis en évidence l’objectivation et la marchandisation des femmes qui est le menu principal de l’industrie du sexe.

Merci de m’avoir rendue consciente et honteuse de ma naïveté, de ma féminité, de mon identité irlandaise. Je suis aujourd’hui en mesure de me remémorer ma jeunesse avec amour et compassion.

Merci au prostitueur qui a jeté l’argent sur le sol de sorte que j’ai dû me mettre à terre pour le ramasser. Maintenant que je sais ce que c’était que d’être à terre, je ne vais jamais y retourner.

Merci de m’avoir amenée à vous détester – aujourd’hui, enfin – pour m’avoir suffisamment maltraitée de sorte que je vous haïsse en nourrissant une colère constructive et non autodestructrice. Je vais dire au monde à quel point vous êtes de la merde pour le restant de ma vie. Merci de m’avoir donné les munitions pour le faire.

À ceux qui ont été aimables envers moi, merci de m’avoir montré de la gentillesse et de l’humanité, même si cela ressemblait à une agression amicale.

Aux deux prostitueurs que j’ai convaincus de cesser d’acheter des femmes, merci de m’avoir montré que les gens peuvent faire des erreurs, et qu’ils peuvent changer. Merci de m’avoir donné un peu de foi envers les hommes et l’humanité. Merci de m’avoir traitée comme un être humain et de m’avoir écoutée. Merci de ne m’avoir donné rien à craindre.

Chaque fois que vous êtes venus chez moi et que vous ne m’avez pas souri, ne m’avez même pas dit bonjour, vous avez rendu plus difficile pour moi de vous servir.

Chaque fois que vous avez ouvert votre porte et m’avez toisée de haut en bas, sans sourire et peu accueillants, vous m’avez fait paniquer. Vous m’avez inquiétée. Vous m’avez fait peur. Je ne savais pas si vous alliez me faire du mal ou non. (« Ce sera fini dans une heure. Ce sera fini dans une heure. Ce sera fini dans une heure. Ce sera fini dans une heure. ») Chaque fois que vous m’avez ordonné de prendre telle ou telle position, vous avez fait rétrécir mon âme un peu plus.

Chaque fois que vous avez fait une petite remarque bizarre à propos d’une partie de mon corps, ou un claquement de langue approbateur, ou que vous avez soupiré quand je ne voulais pas faire quelque chose, vous m’avez fait me sentir un peu moins puissante, un peu plus soumise, un peu plus dévalorisée.

Pour chaque rendez-vous que vous avez rendu si difficile à subir jusqu’à la fin, vous avez contribué à créer une survivante, vous avez contribué à créer votre propre ennemie.

Chaque fois que j’ai dû mettre votre bite puante dans ma bouche, vous m’avez fait apprécier un peu plus les hommes de qualité dans ma vie.Merci de m’avoir montré le côté obscur, pour m’avoir amenée à apprécier beaucoup plus encore le bon côté des choses. Merci de m’avoir montré de la haine ; aujourd’hui je suis en mesure de vraiment comprendre l’amour.

À tous les prostitueurs qui ont écrit en ligne des critiques de moi, horriblement détaillées, à tous ceux qui ont commenté mon ventre mou, mes tatouages, ma taille (trop grande, apparemment), à tous ceux qui ont fait des remarques misogynes déguisées sur mes cheveux, mon apparence, mon corps, ma jeunesse – merci, puisqu’aujourd’hui j’ai totalement confiance en mon corps.

Je l’aime plus que jamais auparavant, à cause de la façon dont vous l’avez décrit, dont vous l’avez utilisé, dont vous l’avez traité comme bon vous semblait. Vous avez dû payer des centaines de billets pour être dans la même pièce que moi. Je suis belle, et aucun d’entre vous ne l’était, aucun. Je sais aujourd’hui que je suis belle. À l’époque, je pensais que ma beauté était aussi une sorte de service à rendre aux hommes.

Je pouvais à peine respirer pendant que vous me baisiez, tant j’éprouvais de répulsion pour vous. Quelle femme de 22 ans a envie de baiser quelqu’un de 48 ans de toute façon ? Personne. Il est facile de croire les sourires et autres joyeusetés, n’est-ce pas, de croire en sa « disponibilité » ?

Je ne comprends pas comment votre estime de soi peut être si faible que vous deviez payer quelqu’un pour coucher avec vous. « Ayez une relation sexuelle avec moi, s’il-vous-plaît ! Je suis juste un vieil homme solitaire ! »

Quelle pitié ! Vous êtes un vieil homme pathétique, qui a de l’argent, et qui voit les vagins comme une chose avec qui négocier. Comme vous devez vous mépriser !

Que vous est-il arrivé pour faire de vous un prostitueur ? Cela ne peut être uniquement cette culture d’objectification sexuelle des femmes où nous vivons, il doit y avoir autre chose, peut-être quelque chose à voir avec le rejet ? Peut-être quelque chose à voir avec le vieillissement ? Peut-être quelque chose à voir avec le sentiment d’insuffisance ? Vous seriez beaucoup plus heureux si vous vous occupiez un peu de vos problèmes au lieu de louer mon vagin pendant une heure. Mais c’est le chemin le plus difficile à prendre n’est-ce pas ? Il est bien plus facile de prétendre que tout ce que vous faites est légitime et que j’aime secrètement baiser des hommes âgés, hostiles, qui font de l’embonpoint et qui perdent leurs cheveux.

L’argent vous donne du pouvoir, n’est-ce pas ? L’argent vous donne le pouvoir de décider qui vous voulez baiser, quand vous voulez baiser, comment vous voulez la baiser, et pour combien de temps, indépendamment de ses désirs à elle, de son seuil de douleur, de son degré de confort. Vous payez, alors vous décidez. Cela doit vous donner un formidable élan d’adrénaline d’exercer ce genre précis de pouvoir, d’avoir du pouvoir sexuel sur quelqu’un d’autre. Cela semble tellement tout croche. Parce que c’est tout croche, espèce de saligaud d’homme !

Si l’un d’entre vous connaissait mon histoire, je me demande s’il continuerait à être prostitueur. Probablement. Vous avez ce don extraordinaire d’être en mesure de vous distancier instantanément de toute suggestion d’un comportement mauvais ou illégal. Vous pouvez affirmer : « Je ne savais pas qu’elle avait seize ans ! Comment étais-je censé le savoir ?! » (Indice : vous êtes censé le demander – vous assurer que l’adolescente que vous baisez n’est pas une enfant !) Vous pouvez affirmer : « Mais je ne savais pas qu’elle avait un souteneur ! » (Indice : vous êtes censé le lui demander et bien vous assurer qu’elle n’en a pas de souteneur.) Si vous aviez su pourquoi je faisais cela, vous seriez-vous quand même servis de moi ? Probablement, vous aviez déjà payé…

Mais merci, merci d’avoir fait de moi la fille forte que je suis aujourd’hui, merci car si ce n’était pas de vous et de l’industrie que vous créez, je ne serais probablement pas aussi enthousiaste et généreuse et charitable maintenant.

Je ne serais probablement pas aussi profonde et émotionnelle. Et j’aime être profonde et émotionnelle. Donc, merci.

J’espère que vous êtes fiers de votre « passe-temps inoffensif ». Est-ce qu’un orgasme vaut vraiment toute la merde que vous, sans le savoir (ou sciemment), faites vivre aux prostituées ? Pourquoi devrais-je aller en thérapie pour surmonter vos orgasmes s’ils sont aussi inoffensifs ?

Vous savez que ce que vous faites est mal. Alors cessez d’être un lâche. Soyez un homme.

Cordialement,

Dublincallgirl


* On comprendra que l’auteure emploie un pseudonyme. Elle a autorisé la traduction et la diffusion de ce texte.

Texte original sur www.sisyphe.org

 

Traduction : Martin Dufresne

 

 

 

 

 

 

 

 

 et si on coopérait ?

2012 année internationale des coopératives

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Les lendemain de fêtes sont toujours un peu difficiles, pourtant cette année nous avions commencé calmement avec un petit cinoche , Le Havre de Kaurismaki, c'est bien pour commencer l'année,  avec la musique de Little bob dans la tête, petit aperçu de la vie dans les dockland, un point de vue critique avec lequel je suis assez d'accord,  celui de Valerie de St Do  qui trouve que le Havre c'est la grande classe politique. Dîner sympathique avec des copains, retour en métro, c'est beau une ville qui fait la fête,  et le lendemain envoie de vœux avec cette foutu résolution, d'alimenter mon blog toutes les semaines....J'aurai mieux fait de me casser une jambe, comment je vais faire pour écrire une page par semaine ? , qui ça peut bien intéresser ? pourtant-il me semble, que cette année on devrait avoir des tas de choses à se dire et à débattre « tu vois ça comment toi les élections? plus que 100 jours pour en discuter... Évidemment on va tous voir ça de notre fenêtre et on ne va pas forcément aller lire tous  les programmes, samedi 7 François Hollande présentait ses vœux aux corréziens,
 on n'en sait pas plus sur son programme, à part qu'il estime beaucoup les fonctionnaires et que 2013 ça ne va pas être la fête, jusque là rien de neuf....

Mardi, le
labo de l'Economie sociale et solidaire , animé par Claude Alphandéry, recevait Eva Joly pour qu'elle nous explique ses convictions pour changer de modèle économique, l’économie sociale et solidaire dans la transition écologique,  était le thème du débat elle était interviewée par une administratrice de notre association le Mouvement Pour l'Economie Solidaire (MES) et  par la  présidente du Réseau des territoires pour l'économie solidaire (RTES) c'était plutôt sympathique et même si le programme d'Europe-Ecologie Les Verts,  ne consacre que quelques pages à l'ESS  c'est un peu mieux que la lettre de F .Hollande qui lui mise sur la croissance, et comme dirait Melenchon  « C’est une contribution à la campagne. Il pose son diagnostic. Mais quelles conclusions tire-t-il des constats du dérèglement du capitalisme ? » alors bientôt, ici vous retrouverez l'intervention d’Éva Joly, car on a filmé le débat de mardi soir.

En 1978, avec quelques amis, nous avions créé une entreprise sous forme de société coopérative:la librairie coopérative Graffiti à Corbeil-Essonnes. En créant Alice Coopératif concept , nous voulions continuer à diffuser ces idées de coopération. Cette semaine  la coopération  était sous les feux des projecteurs avec la proposition des salariés  de SEAFRANCE de reprendre l'entreprise en société coopérative, mais le 9, l'aventure était terminée (à moins qu'un éventuel repreneur décide de soutenir la coopérative),  le tribunal de commerce  prononçait  la liquidation de l'entreprise, 800 chômeurs de plus, c'est pas très grave. Cette proposition de reprise en SCOP aura comme d'habitude était l'occasion d'entendre quelques énormités concernant les scop :

  • « L'utopie de la Scop SeaFrance ne fera jamais son entrée dans le monde réel" (le figaro du 5/12)
  • François Chéreque, Le grand patron de la centrale  syndicale de Belleville a  rappelé une nouvelle fois qu'il était «en désaccord» avec leur projet de création d'une scop -«leur démarche n'est pas favorable à l'emploi», mais aussi des propositions plus positives même si elles ne sont pas trés suivies
  • MINGA, scop du commerce équitable appelait les grandes banques coopératives a se mobiliser pour SeaFrance   Nous espérons que les banques mutualistes et coopératives de l’économie sociale sauront accorder leur crédit à ce projet audacieux et porteur d’avenir. » mais on n'a pas beaucoup entendu le credit coopératif ou le crédit mutuel.
  • Benoit Hamon porte parole du Parti socialiste lui a  pris deux parts pour 100 euros, «  je suis donc le 828e contributeur. Il en faudrait beaucoup d'autres pour arriver à réunir les millions nécessaires mais celui qui manque est celui qui devrait être là au regard du discours de ceux qui nous gouvernent »
Les quelque 21 000 entreprises coopératives existantes emploient Plus de 900 000 salariés(dont 60 % sont associés, 90 % d’entre eux l’étant après deux ans d’ancienneté) et ont généré un chiffre d’affaires  de 288 milliards d'euros  cumulé, filiales comprises de 3,5 milliards d’euros. Les services représentent 45 % des Scop et 40 % des emplois (transports, nettoyage, restauration, mais aussi éducation, conseil, santé, culture…). Le BTP représente, quant à lui, près du tiers des emplois.
Les coopératives regroupent,  près de 24 millions de membres (coopérateurs, sociétaires, adhérents, salariés associés)
  La France peut garder ses emplois industriels affirmait Patrick Lenancker Président de la Confédération générale des Scop dans les Echos en mai 2010. « Depuis 2000, le secteur industriel a perdu 1 demi-million d’emplois. Il n’est pas une semaine sans que les médias annoncent de nouvelles fermetures ou restructurations d’entreprises industrielles en France, avec à la clé une fragilisation des PME sous-traitantes, des suppressions d’emplois et son corollaire de drames sociaux et familiaux. Pourtant, dans ce contexte de désindustrialisation amorcé bien avant la crise, et même depuis plus de vingt ans, des entreprises résistent et même progressent : les Scop, sociétés coopératives et participatives.
En Europe, on recense :
- 288 000 entreprises coopératives, présentes dans la quasi-totalité des pays,
- 5 millions d'emplois.

Dans le monde, les moyens d'existence de 3 milliards de personnes (soit la moitié de la population mondiale) dépendent d'entreprises coopératives.
Solidarité, indépendance, transparence, démocratie, proximité, respect des personnes, les entreprises coopératives reposent sur un système de valeurs fort et s'appuient sur la solidité de réseaux régionaux et nationaux.

En apportant une dimension humaine au cœur de l'économie, les entreprises coopératives proposent une façon originale et dynamique d'entreprendre.L'entreprise coopérative offre un fonctionnement de l'entreprise au service de la personne. Cette valeur commune à l'économie sociale est vecteur de dynamisme, d'engagement entrepreneurial et donc de réussite économique.Les coopératives sont présentes dans tous les domaines de l'économie : l'agriculture, l'artisanat, la pêche artisanale ou industrielle, le commerce, l'éducation, l'immobilier, les services, les transports, la banque et la finance.

On distingue quatre grandes familles coopératives :
- les coopératives d'usagers (de consommateurs, d'HLM, de copropriété),
- les coopératives d'entrepreneurs et d'entreprises (coopératives agricoles, artisanales, maritimes, les coopératives de commerçants, de transporteurs),
- les coopératives de salariés,
- les banques coopératives.(les Banques populaires (dont le Crédit coopératif), les Caisses d'épargne les Caisses régionales de Crédit agricole, le Crédit mutuel, la Nef.

Les entreprises coopératives favorisent le dynamisme des secteurs d'activités où elles sont présentes du fait de l'implication des membres dans le fonctionnement de l'entreprise.
Dès qu'un projet commun d'entreprise naît, avec la volonté de mutualiser moyens humains, techniques et financiers de façon démocratique, la forme coopérative offre une réponse adéquate, adaptée, tournée vers l'avenir.
Par l'origine de leurs capitaux et de leur projet économique et social, les coopératives sont profondément enracinées dans le tissu économique local, contribuant ainsi à faire obstacle aux délocalisations et à leurs conséquences en termes d'emplois et d'activités.
Pour la coopérative, le temps est un allié. Grâce à l'impartageabilité de leurs réserves, les coopératives assurent leur pérennité et investissent pour les générations futures.

Loin d'être figé, le panorama coopératif s'enrichit toujours de nouvelles entreprises coopératives. Elles accompagnent les nouveaux entrepreneurs et soutiennent de nouvelles activités et de nouvelles initiatives collectives, principalement dans les TPE et les PME.


En savoir plus sur les SCOPS et en particulier des i
nformations sur les idées reçues 
quelques exemples de SCOP :
ACOME  emploie aujourd’hui 1 200 salariés en France, sous statut Scop.
 Chèque déjeuner a été créé en 1964 sous la forme d’une coopérative de consommation* par Georges Rino  avec l’aide de centrales syndicales. Elle s’est transformée en Scop* en 1972. C’est aujourd’hui, après Acome*, la deuxième Scop la plus importante par ses effectifs, supérieurs à 1 700 salariés en 2008, , Au Pays basque Mondragon emploie  85000 personnes

L’Assemblée Générale des Nations Unies a officiellement lancé l’Année internationale des coopératives, le 31 octobre à New York. Dans son discours d’ouverture, Sha Zukang, adjoint du Secrétaire général pour les affaires économiques et sociales, a ainsi déclaré que « l’Année internationale des coopératives souligne à la fois la promotion du modèle coopératif et le renforcement des capacités de développement des entreprises coopératives ».

 Et si on révait vraiment ?

puisqu'ils nous empêchent de rêver, en 2012 empêchons les de dormir

 

 

2011 l'année des blogueurs,

Slim Amamou célèbre blogueur tunisien, membre du Partis pirates international (PPI) a été un trop bref ministre de la jeunesse de Tunisie, ça compense un peu tous les blogueurs qui se sont fait tabassés et emprisonnés (certaines mauvaises langues, prétendent même que ça continue) , 2012 étant une année électorale en France, on verra peut-être quelques blogueurs ministres, va savoir ? Le 23 mai 2011, dans une interview, Slim Amamou indique son intention de démissionner du gouvernement de transition, ce qui est officialisé deux jours plus tard. Il déclare alors : « J'ai accepté d'entrer dans ce gouvernement avec l'idée de peser sur les décisions. J'en suis sorti parce que nous avons défini un agenda politique clair » Les tunisiens ont des hommes politiques qui font rêver....

 

2011 l'année des cadeaux, dans certaines agences des banque de l'economie sociale, c'est noël !

La loi a rendu certaines sommes insaisissables pour permettre aux personnes concernées de garder un minimum leur permettant de survivre. C’est dans cet esprit que le RMI a été décrété par la loi insaisissable, qualité conservée dans le cas du RSA, du moins pour la partie socle, qui demeure “incessible et insaisissable“

Pourtant la Charente Libre nous informe de l’attitude d’une banque qui a facturé à un des ses clientes 515,68 euros de frais bancaires pour un chèque refusé d’un montant de 341 euros, et  a prélevé ces sommes sur le versement mensuel du RSA et complété sur une partie de la prime de Noël.

 

Lorsqu'on lui demande pourquoi la banque n'a pas autorisé le débit du chèque de 341 euros qui n'aurait pas entraîné Virginie Godichaud au-delà de son découvert autorisé, le directeur de la gestion des engagements au Crédit mutuel du Sud-Ouest.répond que les banques ne sont pas là pour «faire du social». «De plus, il faut respecter certaines règles. Virginie Godichaud a détérioré son compte au fil du temps et n'a pas respecté ses engagements pris avec son banquier. C'est de l'abus de confiance.» En Charente il y a des banquiers de l'économie sociale qui font rêver

Information issue du blog de Michel ABHERVE, le 24 décembre 2011, Noël! Noël ! http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/

 

2O11 fut l'année de la création du réseau européen pour l'economie sociale et solidaire en Europe

LIMA 1997, QUÉBEC 2001, DAKAR 2005, LUXEMBOURG 2009, sont les rencontres qui jalonnent la mise en réseau international de l’économie sociale et solidaire . Ce processus a fait une halte de quelques jours à Barcelone, la Rose de Feu, comme on l’appelait dans le mouvement ouvrier à l’aube du XXe siècle, a donné naissance au Réseau Européen de Promotion de l’Économie Sociale et Solidaire (le RIPESS EUROPE - Réseau Intercontinental de Promotion de l’Économie Sociale et Solidaire. Europe).

C’est ainsi, que réunis dans cette ville, des représentants des réseaux de ,Belgique, Catalogne France, Espagne, Hongrie, Italie, Luxembourg, Portugal, Roumanie, et des personnes venant de Allemagne, ont déclaré à l’issue de trois jours de travail et d’échanges fructueux, le 8, 9 et 10 septembre 2011 la création du Réseau RIPESS EUROPE, nous l’avons doté de statuts et élu les personnes qui nous représenteront au sein du Comité de Coordination pour les deux ans à venir.

Retrouver la déclaration http://www.apeas.fr/Manifeste-du-Reseau-Europeen-d.html

ou en video http://www.youtube.com/watch?v=ndq9rIVrXAU&feature=related

Je représentais le Mouvement de l'Economie Solidaire (MES) de France avec d'autres militants qui prennent le temps de rêver !


 

 

2011 l'année de l'étude Hommes et IVG

l'Association Nationale des Centres d'Interruption de Grossesse et de Contraception (ANCIC) est une des associations que j'accompagne depuis de nombreuses années, j'ai créé leur site www.ancic.asso.fr, réalisé avec eux des Cdrom pédagogiques, un film sur l'avortement est en cours de réalisation, et je les aide à monter des projets et à trouver des financements comme ceux qui ont été fourni par le FSE et la région Ile de France qui ont permis de réaliser cette étude «Si 220 000 IVG sont pratiquées en France tous les ans, 220 000 hommes sont concernés aussi.» Les interpeller, les impliquer, les soutenir, c’est ce que propose une plaquette d’information sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Une initiative inédite, présentée fin octobre à Vannes lors du dernier congrès de l’Association nationale des centres d’IVG et de contraception (Ancic). Cette brochure, qui annonce d’entrée de jeu que l’IVG est «une histoire d’hommes aussi», s’appuie sur une enquête détaillée quant à leur expérience de l’IVG. Entre février et octobre 2010, 150 hommes ont été interrogés, âgés de 29 ans en moyenne, célibataires et sans enfant pour la plupart. «On veut faire changer le regard des hommes sur l’IVG », explique le Dr Laurence Danjou, membre de l’Ancic. «Avec cette plaquette, l’Ancic veut aussi mettre fin au discours qui culpabilise les femmes qui ont recours à l’IVG. C’est agaçant d’entendre encore qu’elles seraient responsables, parce qu’elles auraient mal géré leur contraception, par négligence», peste Laurence Danjou.

Lire la suite sur libération http://www.liberation.fr/vous/01012371293-ivg-des-couples-en-male-de-soutien


 

 

2011 c'était l'année des états généraux de l'économie sociale et solidaire

Les 17, 18, 19 juin 2011, je faisais partie des 5000 personnes rassemblées au Palais Brongniart à Paris, pour célébrer une autre économie au cours d’un événement festif et citoyen! Alors avec quelques comparses des télévisions de proximités de France et de Navarre, nous avons réalisé TV BRONGNIART une télévision qui fait plus rêver que certaines chaînes http://www.livestream.com/telebrongniart


 

 

A très bientôt et faisons vraiment de 2012 une année de rêve général !


 


 


 


 


 


 

 

 

 « VIOL : la honte doit changer de camp ! »

 


 

« VIOL : la honte doit changer de camp ! »


Chaque année en France des dizaines de milliers de femmes sont violées. Aucun de ces crimes ne constitue un cas isolé : le viol est un fait social, une marque que les relations femmes-hommes restent profondément inégalitaires dans notre société. Pour lutter contre cette situation, rappeler ces faits importants et permettre que la honte dont souffrent les victimes de viol change de camp, trois associations (le Collectif féministe contre le viol, Mix-Cité et Osez le féminisme) lancent une pétition nationale.

 

Plus d’une centaine de personnalités soutiennent cette campagne. Elle a été officiellement lancée le mercredi 24 novembre lors d’une conférence de presse.

 

Lors de cette conférence de presse, en présence de quelques unes des personnalités, ont été rendus publics :

  • Le manifeste signé par les personnalités et la pétition qui sera mise en ligne
  • L’affiche de la campagne
  • La liste des personnalités signataires
  • Un film de sensibilisation réalisé par Patric Jean et Frédérique Rollet (en présence des réalisateurs)

 

Le 25 novembre des dizaines de militantes và la rencontre du public partout en France pour porter le message et les enjoindre à signer la pétition.

 

Le 25 novembre, la honte change de camp !

 

 

RDV à partir du 24 novembre sur http://www.contreleviol.fr

 POUR UNE AUTRE ECONOMIE

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Nous, acteurs de l’ESS, proposons de réfléchir collectivement à l’organisation d’Etats Généraux de l’ESS, qui débuteraient à l’automne 2010 et se termineraient à l’été 2011, à moins d’un an des élections présidentielles.

Ce texte présente notre diagnostic, nos motivations et esquisse les premières perspectives soumises au débat. Nous proposons à toutes celles et ceux qui le souhaitent de réagir en nous envoyant un mail  à acpes@free.fr ou lelaboess@gmail.com

A l’initiative du Labo de l’ESS, ce texte et ce projet vous sont proposés par :

Claude Alphandéry (Initiateur le Labo ESS/Président d’honneur France Active), Gérard Andreck (Président CEGES), Yannick Barbançon (Président CN-CRES), Christiane Bouchart (Présidente RTES), Jean-Claude Detilleux (Président GNC), Jacques Henrard (Président CPCA), Bruno Lasnier (Président du Mouvement de l'Economie Solidaire ), Alain Philippe (Président Fondation MACIF), Christian Sautter (Président France Active), Hugues Sibille (Président Avise), François Soulage (Président Secours Catholique), Jean-Pierre Worms (Vice – Président FONDA).


 

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 -> Téléchargez la proposition Vers des Etats Généraux de l’ESS – Pour une autre économie en cliquant ici

 

POUR UNE AUTRE ECONOMIE

Prenons bien la mesure de la gravité de la situation.

Les crises se succèdent, s’emmêlent et s’amplifient. Les périls écologiques frappent d’abord les plus fragiles. La démesure de la finance met à mal l’écosystème planétaire et précarise les salariés. L’abstention monte. Les rentes se renforcent et le travail ne permet plus de vivre décemment. Le domaine de la marchandise s’étend. Le lien social se délite, les inégalités se creusent.

Face à cela, la tentation du repli ou du chacun pour soi, des égoïsmes est forte, et peut conduire à des réactions populistes et violentes, des affrontements nationaux et internationaux, des régimes autoritaires et des reculs de civilisation. Déjà partout en Europe, s’affirment avec force des partis xénophobes et nationalistes.

Pour sortir de la crise par le haut, nous devons, plus que jamais, porter et déployer un esprit de résistance et de création.

RESISTER, C’EST CREER. CREER, C’EST RESISTER.*

Résister et Créer, c’est ce que font au quotidien les salariés, bénévoles, entrepreneurs, consommateurs, élus… de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ses 200 000 entreprises et 2 millions de salariés rassemblent une grande diversité d’initiatives économiques, ni publiques, ni capitalistes, qui cherchent à produire, consommer, décider et vivre autrement, de manière plus respectueuse des hommes, de l’environnement et des territoires.

Pourtant, ces initiatives apparaissent fragmentées. Leur offre de services et d’emplois est loin d’être à la mesure des besoins. Et elles ne parviennent pas à incarner un projet de transformation de société. Nous pouvons, devons peser et nous affirmer dans le débat public, influencer les décisions, mobiliser l’opinion, en créant un rapport de force favorable, pour changer d’échelle, changer de cap, de modèle socio-économique.

Pour y parvenir, nous proposons de réfléchir et travailler collectivement à des Etats généraux pour une économie sociale et solidaire, qui mis en œuvre dès l’automne 2010 se tiendraient à l’été 2011.

L’objectif ne serait pas d’organiser un rassemblement sans suite ou de réitérer un travail d’élaboration de propositions déjà mené. Il ne s’agirait pas de prolonger ou de refaire ce qui a déjà été fait, mais de s’appuyer dessus, pour atteindre trois objectifs.

METTRE EN  MOUVEMENT, CONVAINCRE L’OPINION, INFLUENCER LES DECISIONS

Mettre en mouvement les acteurs de terrain (dirigeants, salariés, sociétaires, bénévoles…) partout sur les territoires.

Pour changer la donne, il faut mobiliser « ceux qui font » : la vigueur de nos entrepreneurs, la proximité et l’ancrage territorial de nos organisations et réseaux, l’engagement de nos sociétaires et bénévoles, consommateurs, la force de frappe de nos grandes entreprises, la mobilisation des élus locaux sont autant de leviers pour faire mouvement. Développons le sentiment d’appartenance, revendiquons notre fierté à mettre en œuvre une autre économie !

Faire connaître et reconnaître nos valeurs, nos pratiques, nos solutions. Toucher, mobiliser les citoyens, pour leur donner envie d’agir, de s’impliquer dans l’ESS.

Tant que l’ESS ne sera pas populaire, au sens premier du terme, elle ne sera pas prise au sérieux durablement. L’ESS doit montrer au plus grand nombre qu’elle est à la fois une économie utile à leur quotidien et à leur mieux-vivre et une économie à laquelle ils donnent sens par leur consommation, leur épargne, leur travail. Une économie au service des personnes ; des personnes pleinement acteurs de l’économie.

Influencer les décisions, pour créer un environnement favorable au développement de l’ESS, et plus largement d’une économie plus humaine.

Tous les leviers sont à actionner : formation, fiscalité, commande publique, aides publiques, politiques d’innovation et d’aménagement du territoire, régulations européennes et internationales, etc. Pour convaincre, nous devons porter des propositions fortes argumentées, transformatrices, réalisables, en s’appuyant sur les travaux existants. Nous devons aussi développer un langage de la preuve de nos pratiques et rechercher l’exemplarité. Et enfin, rechercher une meilleure articulation entre propositions et politiques publiques territoriales, nationales et européennes.

UNE NOUVELLE GENERATION, UN LANGAGE COMMUN, SORTIR DE L’ENTRE-SOI

Pour atteindre ces trois objectifs, réussir ces Etats Généraux, nous devons nous attacher à:

Faire émerger une nouvelle génération de dirigeants et de représentants de l’ESS.

Une génération issue du terrain et des territoires, des forces organisées et  non-organisées. Une génération plus diverse, plus féminine, plus jeune, en phase avec la société : comment prétendre changer une société à laquelle on ne ressemble pas ? De nouveaux visages, de nouveaux porte-paroles sont nécessaires, pour porter et développer l’ESS dans les 15 prochaines années.

Sortir de l’entre-soi et créer de nouvelles alliances, audacieuses et porteuses de sens pour faire émerger maintenant cette économie humaine.

L’ESS est un puissant facteur de renouveau mais n’arrivera pas seule à changer de cap, et ne doit pas rester en vase clos. Pour jouer pleinement son rôle, elle doit nouer de nouvelles alliances avec l’ensemble des acteurs du changement, élus, syndicats, ONG, mouvements sociaux, consommateurs, entrepreneurs responsables, logiciels libres, réseaux sociaux, etc.

Construire un langage commun, sur qui nous sommes et où nous voulons aller.

L’ESS riche de sa diversité, ne parvient pas encore à parler un langage commun, lisible, audible, sur ce qu’elle est et son projet. Un travail de convergence entre ses différentes sensibilités (économie sociale, économie solidaire, entrepreneuriat social) est nécessaire.

CONSTRUISONS ENSEMBLE CES ETATS GENERAUX 2011

Les Etats généraux de l’ESS que nous appelons de nos vœux doivent créer les conditions d’une dynamique innovante, démocratique, inclusive, partant des territoires et de leurs acteurs, et leur permettant de s’approprier pleinement la démarche.

Cherchons donc ensemble les voies positives pour que l’ESS puisse réellement faire mouvement, dans son unité et sa diversité, au service de la société et de son émancipation.

Une rencontre sur les Etats généraux sera organisée en septembre 2010. Nous y débattrons ensemble de la pertinence de ce projet, et s’il est retenu, déterminerons collectivement les objectifs précis, ses modalités de mise en œuvre, sa gouvernance.  

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Rejoignez ces premiers initiateurs et envoyez nous un mail sur lelaboess@gmail.com!

 

*  « Résister, c’est créer. Créer c’est résister », reprenons à notre compte l’appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance, en 2004.

 

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