Collectif national de l'action culturelle cinématographe
communiqué du 11 janvier 2008 • télécharger le pdf
Une très forte baisse du soutien de l’État menace aujourd’hui la diffusion et l’action culturelle cinématographique sur tout le territoire. C’est sur la base de ce constat alarmant que les signataires de l’appel à mobilisation "Cinéma et audiovisuel : vers le démantèlement de la diversité culturelle ?" ont organisé une rencontre de débats et de réflexion le 11 janvier au cinéma le
Saint-André des Arts à Paris.
Plus de 300 personnes, cinéastes, producteurs, réalisateurs, distributeurs, chercheurs, comédiens, techniciens, enseignants, responsables de festivals, de salles privées, de salles publiques, d’associations de salles et d'associations culturelles et d'éducation artistique, de ciné-clubs et d'associations d'éducation artistique, représentants de structures réparties sur tout le territoire, se sont réunies pour échanger sur la situation périlleuse connue par le secteur de l’action culturelle cinématographique suite aux annonces faites par le ministère de la Culture.
La démarche à l'origine de l’engagement de fond qui se structure depuis cet automne témoigne de l'extraordinaire richesse des réseaux de l’action culturelle cinématographique, de leurs engagements et de leurs attentes. Ces paroles publiques marquent aujourd’hui la détermination des acteurs à se réunir et à défendre les principes et les fondements qui ont permis de structurer et de qualifier depuis des années une politique fondamentale de création, de diffusion et de transmission.
Cette mobilisation et le mouvement qui émergent ici mobilisent transversalement, de manière convergente et solidaire. Elle concerne les terrains qui fondent le sens de nos engagements au quotidien. Ces engagements singuliers sur des terrains différents sont communs.
Ils posent la nécessité de défendre le principe de la diversité, de la recherche et de l’exception culturelle en matière de cinéma et d’audiovisuel dans une logique de partenariat et de dialogue permanent avec l’Etat.
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Au regard de l’esprit d’échange et d’ouverture, au cœur de toute démarche politique en matière artistique et culturelle,
nous attendons aujourd’hui de l’Etat un véritable positionnement en faveur des réseaux de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle. Sur les territoires, partout en France, ces acteurs, ces projets, fondent le socle de l’intervention publique du cinéma.
Nous refusons le double langage, les multiples déclarations d’intention et la gestion de la communication publique qui prévalent aujourd’hui et ne pourrons considérer les évolutions à venir que
sur la base d’une concertation réelle.
C’est pourquoi, dans la perspective d’un dialogue ouvert, il nous apparaît indispensable et plus que légitime que les professionnels des filières de l’action culturelle cinématographique dans sa diversité participent aux entretiens de la rue de Valois organisés par le ministère de la Culture et de la communication. Il en va de la crédibilité des orientations du ministère en matière d’action culturelle cinématographique et audiovisuelle, et au-delà, de l'ensemble des actions entreprises dans le cadre d'une politique ambitieuse en direction du cinéma.
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Cette journée du 11 janvier ne clôt pas une mobilisation professionnelle de circonstance, elle ouvre la voie à un nouvel engagement solidaire et transversal de l’ensemble des acteurs de l’action culturelle cinématographique.
Des rendez-vous seront pris tout au long de l'année, le festival de Cannes sera l’objet d’une nouvelle mobilisation.
D’ores et déjà, nous invitons tous les partenaires de l’action culturelle à réfléchir à une action de fermeture des salles ou à l’organisation de débats le soir de la cérémonie des Césars le 22 février prochain.
Dès ce vendredi 11 janvier sont actées :
- la création d’un collectif national de l’action culturelle cinématographique qui appellera prochainement à l’organisation d’Etats Généraux de l’action culturelle cinématographique ;
- la demande faite au ministère de la Culture et de la communication de voir les professionnels des filières de l’action culturelle cinématographique représentés dans leur diversité participer aux entretiens de la rue de Valois organisés par le ministère de la Culture et de la communication.
Nous appelons l’ensemble des partenaires à poursuivre la signature de l’appel et à rester en contact ou à apporter tout témoignage, toute contribution écrite à travers le site provisoire :
http://cinema-diversite-culturelle.blogspot.com
Une loi essentielle pour les télévisions libres se discute en ce moment, voici le projet défendu par notre fédération de télévision locale
En 1940, dans un célèbre
film, Orson Welles s’en prenait au « super-pouvoir » de
« Citizen Kane » (en réalité, le magnat de
la presse du début du XXe siècle William Randolph
Hearst). Pourtant, comparé à celui des grands groupes
mondiaux d’aujourd’hui, le pouvoir de Kane était
insignifiant. Propriétaire de quelques journaux de presse
écrite dans un seul pays, Kane disposait d’un pouvoir nain
(sans être pour autant dépourvu d’efficacité à
l’échelle locale ou nationale) face aux archipouvoirs des
mégagroupes médiatiques de notre temps.
Que nous nous en réjouissions
ou que nous le déplorions, la télévision est le
plus grand phénomène culturel depuis la deuxième
guerre mondiale, tous les français sont équipés
d’un téléviseur et passent entre 2 et 3 heures par
jours à regarder des programmes offerts par les moyens de
diffusion hertziens, câblés, satellites ou ADSL,
gratuits ou payants. Des dizaines de chaînes sont à
notre disposition. Sport commercial, films très grand public
et information de moins en moins pluraliste constituent l’essentiel
de la programmation distribuée d’une façon
centralisée depuis Paris, ou sont domiciliés
l’essentiel des entreprises de diffusion et de fabrication. Ces
chaînes appartiennent soit à l’Etat, soit à des
entreprises industrielles françaises ou international dont
l’objectif principal est le profit. Ce secteur représente un
chiffre d’affaire en France et dans le monde, de premier plan, avec
de nombreux emplois à la clef et un poids d’influence et de
modélisation des esprits considérable. Enfants, jeunes,
adultes quelques soient leur age ou leur catégorie sociale, se
retrouvent tous devant le petit écran. Les progrès
technologiques ont permis la diffusion de caméscope et de
logiciel de montage dans de nombreux foyer au point qu’il est
parfois impossible de regarder un paysage ou une manifestation
culturelle sans être aveuglé par des bras tendus,
prolongés par un caméscope.
Depuis 25 ans la communication
audiovisuelle est libre en France, cela a eu un effet important sur
la production radiophonique puisqu’il existe plus de 650 radios
associatives locales, qui même si elles ont beaucoup de mal à
fonctionner, sont dotées d’un fond de soutien de 24,5 M €
qui contribue à l’installation, l’aide au matériel
et au fonctionnement de ces radios. Les télévisions
locales associatives, elles sont toujours quasi inexistantes, une
cinquantaine pour toute la France, dans une des plus grands pays
européens. Le
Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, dans ces déclaration
tout du moins, reconnaissait par la voix de son président
Dominique Baudis à la première université
européenne des télévisions de pays et de
quartier en Novembre 2001. « La vraie légitimité
de la télévision locale associative, qui répond
à l’exigence essentielle du pluralisme et qui ne peut que
servir la démocratie de proximité et la vie dans la
cité ». Aussi, le Conseil s’était-
il « engagé » à porter une
attention toute particulière à la création et au
développement de ces jeunes télévisions et à
leur confier de nouveaux espaces d’expression. ». La
réalité est tout autre… Ce constat est familiers aux
lecteurs de projection qui savent bien, que plus grave
encore aucun dispositif réel d’éducation aux médias
n’existent en France ni à l’intérieur de l’école
ni dans l’éducation populaire qui a pourtant su remplir en
d’autre temps, ce rôle essentiel dans de nombreux domaines
de la vie culturelle.
Nous
sommes de plus en plus nombreux, militants, artistes, techniciens de
l’audiovisuels, téléspectateurs à travailler
pour faire reconnaître les télévisions locales
associatives et pour cela nous avons besoin d’un partenariat ouvert
et résolu ; pour faire avancer l’idée que c’est
en favorisant l’agir, le faire dans le domaine de la réalisation,
de la conception de programmes, de l’éducation au média,
c'est-à-dire à développer une certaine
idée de l’homme dans le monde qui lui permet d’aller de
plus en plus vers sa liberté, son autonomie, que nous agissons
pour passer d’une influence subie de la télévision
à une pratique maîtrisée ; afin qu’elle
devienne c’est extraordinaire instrument d’éducation et de
culture chargé d’informer, distraire et éduquer
qu’elle n’aurait jamais du cesser d’être dans le service
publique tout du moins.
Les
grands manœuvres en cours pour l’attribution de canaux locaux de
télévisions numériques terrestres sont une
occasion pour tous les acteurs de l’économie sociale et
solidaire (association, SCOP, mutuel) de se regrouper afin de faire
exister et reconnaître un véritable service public de
télévision local qui permettra l’expression
télévisuelle libre de tous (simple citoyen, syndicats,
associations, partis politiques) en faisant vivre des espaces de
débats et de confrontations, en permettant la diffusion
d’œuvres documentaires et de fictions qui échappent aux
règles de l’audimat et de la publicité, de créer
de véritables espaces de recherche et d’expérimentation
sur l’image, d’éducation aux médias et de diffusion
culturel. Ce n’est pas un rêve depuis 25 ans des praticiens
regroupés dans la Fédération des vidéos
de pays et de quartiers, la Fédération des télévisions
locales de service public et de nombreuses associations comme Kyrnéa
(et d’autres moins connues) ont fait la preuve que ces pratiques
d’éducation populaire étaient essentielles pour le
bien commun. La télévision est un bien commun qui ne
peut continuer plus longtemps à être confisqué
par le seul commerce et le profit. Des ressources financières
existent, trois conditions doivent être réunies :
la diffusion gratuite des programmes émis par les télévisions
locales de l’économie sociale et solidaire, leur
financement par un fond alimenté par la taxation de la
publicité diffusée par les télévisions et
les radios commerciales et la reconnaissance par tous de l’urgence
de construire d’une manière durable, une alternative, un
troisième secteur de télévision local.
La promesse de la fin de la rareté
des fréquences hertziennes, par la multiplication par cinq ou
six des capacités de transport numérique, annonce une
nouvelle étape majeure de l’évolution du secteur
et l’approche d’échéances électorales
décisives imposent à l’ensemble des acteurs de
l’économie sociale et solidaire qu’ils agissent dans les
domaines du cinéma, de la télévision de la
presse, de la culture et de l’éducation de se regrouper pour
porter ce débat sur la place publique afin de mobiliser nos
futurs élus et les télespectat-électeurs pour la
reconnaissance de moyens réels pour les télévisions
locales.
François
Bernard
Président
du Conseil d'Administration
de la Télévision Locale de Châteauroux
Connaissez vous la revue Projection? À travers ses dossiers, ses enquêtes
et ses rubriques, elle s’efforce d’informer et de débattre sur les
questions qui lient le cinéma et l’audiovisuel à notre quotidien. Dans son
dernier numéro, elle propose de débattre de la télévision :
En un demi-siècle d'existence, la télévision s'est imposée comme une
présence incontournable de l'espace public des sociétés contemporaines, un
support de diffusion et de communication de contenus sans équivalent en
terme d'audience.
Vous trouverez plus bas le sommaire de la revue,
un article de votre serviteur : Urgence pour la
création de télévisions locales de l’économie sociale et solidaire !
En savoir plus : http://www.etecine.kyrnea.com/revue/P21.html
Bonne journée à tous
François Bernard